Toujours en lutte
Pendant des centaines d’années, une vision du monde patriarcale et excluant les personnes qui ne sont pas cisgenres ou hétérosexuelles a dominé la société. Le Québec d’aujourd’hui a parfois encore du mal à reconnaitre pleinement les gens de la communauté 2SLGBTQ+. Cela dit, les droits et l’acceptation de cette communauté ont progressé à de nombreux égards depuis le siècle dernier. Faisons un survol de quelques moments historiques clés.

▪ Source : CC BY-SA 4.0. Sous licence.
Les personnes 2SLGBTQ+ n’ont pas acquis de nouveaux droits du jour au lendemain, mais ont plutôt dû se battre pendant plusieurs dizaines d’années pour les obtenir. Au milieu du 20e siècle, de nombreux motifs étaient invoqués par les autorités pour harceler et opprimer les personnes de la diversité sexuelle et de la pluralité de genre : on les accusait par exemple d’indécence, de déguisement de nuit ou encore de « bougrerie », c’est-à-dire de sodomie.
C’est dans ce contexte qu’un jugement canadien historique a été prononcé. En 1967, Everett George Klippert, la dernière personne condamnée pour grossière indécence au Canada, a été accusé d’indécence après une discussion avec la police sur une affaire d’incendie criminelle dans laquelle il n’était pas impliqué. C’est parce qu’il a avoué, pendant cette discussion, avoir eu des relations sexuelles avec des hommes qu’il fut arrêté par les autorités. Même si le juge a remarqué que l’accusé n’avait jamais fait mal à quelqu’un, il le déclara tout de même comme un dangereux criminel sexuel et le plaça en détention provisoire. Ce procès a motivé l’ancien premier ministre Pierre-Elliott Trudeau à décriminaliser les actes homosexuels de nature privée.
Plus tard, en 1977, une mobilisation massive de la communauté 2SLGBTQ+ en réaction à une descente policière d’envergure au bar le Truxx a incité le gouvernement québécois à interdire la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle. Enfin, en 2002, après des décennies de lutte, le mariage homosexuel est reconnu aux yeux de la loi québécoise.
Bien que ces avancées de droits aient grandement aidé l’évolution du dialogue public autour de la sexualité, elles n’ont pas eu un grand effet sur l’oppression subie par les personnes concernées. En effet, les raids policiers, les arrestations arbitraires ou le discours hostile des autorités n’ont pas cessé d’un coup : il a fallu attendre les années 2000 pour voir la fin des descentes policières d’envergure au Canada dans les établissements queers.
Aujourd’hui encore, une personne 2SLGBTQ+ est plus susceptible de se faire arrêter par la police qu’une personne cisgenre ou hétérosexuelle. D’ailleurs, l’homophobie et la transphobie sont encore très répandues. Le dernier rapport du GRIS, qui recense les opinions des moins de 18 ans, montre que près de la moitié des personnes sondées est inconfortable avec les identités de ses camarades 2SLGBTQ+.
Nous pouvons faire notre part en sensibilisant notre entourage à ces réalités et en affichant notre attitude de respect et d’ouverture.
Fleuve É. Parenteau, coordonataire du projet Sensibilisation et mobilisation des communautés en contexte rural, GRIS Estrie


