Cultures du cœur : vivre les arts, ensemble

1 décembre 2021 | Par Sandra Tremblay | Culture, vol. 19, no 6

Depuis 2009, l’organisme sans but lucratif Cultures du cœur-Estrie s’engage à contrer l’exclusion sociale en facilitant l’accès aux arts et à la culture avec l’implication de relais sociaux (organismes communautaires de l’Estrie) et de partenaires culturels (lieux culturels). Les activités proposées sont inclusives afin que les usagers se sentent légitimes à fréquenter le milieu culturel. Ces rencontres participatives tendent à stimuler le pouvoir d’agir des personnes en situation de vulnérabilité puisqu’il est évident que chacun, possède des forces, des connaissances, des talents, une histoire de vie digne d’être exprimée. 

 En plus de faire connaître les arts, la médiation culturelle met en relation des personnes de milieux différents. En respectant les orientations des organismes communautaires participants, des sorties culturelles et des stations culturelles sont offertes afin de briser l’isolement, d’encourager l’éducation, d’ouvrir le dialogue et de promouvoir la santé globale. À propos de la médiation culturelle, rappelons que « Toute médiation ne peut se faire qu’en tenant compte de la culture de l’autre. Les difficultés économiques et l’isolement conduisent souvent à faire taire les préférences culturelles, parce que trop coûteuses ou supposées inaccessibles ». Cultures du cœur, 2017. 

 Les actions bienveillantes de Cultures du cœur passent par trois volets de médiation, soit l’accès gratuit à des spectacles, à des stations culturelles ou des discussions thématiques autour de la danse, du chant et des arts visuels.  

 L’accès à ces spectacles fait vivre une expérience épanouissante qui sort de l’ordinaire, mais ce n’est pas une fin en soi. Pour certaines personnes, la gratuité de l’offre culturelle ne suffit pas à faire tomber la barrière symbolique. Lorsque la médiation culturelle est effective, elle peut également être génératrice de liens sociaux et de prises de parole. 

 Les stations culturelles offertes par les animateurs cherchent à faire tomber l’idée préconçue que l’art appartient à l’élite, « aux personnes cultivées » parce qu’au contraire, les langages de l’expression artistique puisent dans la relation à soi et à l’autre. Les processus de création qui y sont proposés font place aux voix des personnes marginalisées, en étant vues et entendues dans l’espace social. Pour y parvenir, les ateliers se déroulent en contexte d’ouverture où les personnes sont invitées à créer quelque chose en lien avec une œuvre ou un artiste.  

 Les rencontres-discussions avec des artistes démystifient les ingrédients de la créativité: la pensée métaphorique, la tolérance à l’ambiguïté, l’ouverture aux expériences nouvelles, la prise de risque, et l’acceptation que les échecs sont des leviers. Ces artistes qui parlent de leurs processus créatifs ne sont pas dans une posture d’expert ou d’enseignement, mais plutôt dans une relation de partage. 

 En terminant, j’évoque ici la chanson de Claude Dubois « J’aurais voulu être un artiste, pour pouvoir crier qui je suis, pour pouvoir inventer ma vie, pour pouvoir dire pourquoi j’existe. » 

Partagez