Le logement social… à cœur ouvert

1 février 2023 | Par Jerry Espada | Communautaire, vol. 21, no 1

De gauche à droite : Desmond Willard, résident de la Coop de Solidarité l’AutreToit, François Danis, intervenant en soutien communautaire au Tremplin 16-30, Geneviève Houde, directrice du Tremplin 16-30, Jessica Renaud, agente de mobilisation au Tremplin 16-30, et Guillaume Brien, directeur général de la Fédération des coopératives d’habitation de l’Estrie. © Tremplin 16-30 de Sherbrooke.

Le mardi 22 novembre dernier, l’organisme communautaire sherbrookois Le Tremplin 16-30 lançait un court-métrage documentaire autoproduit : Le logement social … à cœur ouvert, réalisé par Jessica Renaud, agente de mobilisation et de médiation au Tremplin.

Cette vidéo rassemble plusieurs partenaires, personnalités politiques et jeunes fréquentant des organismes d’hébergement de la région autour des enjeux du logement social et abordable. Plusieurs questions y sont discutées : comment la crise du logement affecte-t-elle les jeunes? Qu’est-ce que ça apporte d’habiter dans un logement à coût modique? De quoi est-il question quand on parle de logement social et de logement abordable? Comment le milieu communautaire et politique de Sherbrooke réagit-il à cette crise?

Quand on parle de crise du logement, François Danis, intervenant communautaire au Tremplin, précise que Sherbrooke aurait besoin de 250 logements sociaux seulement pour les besoins des jeunes. Au cours des deux dernières années, la liste d’attente pour un logement avec soutien communautaire au Tremplin a presque triplé, passant d’une moyenne de 12 personnes par année en 2018 et 2019 à plus de 30 en 2020 et 2021.

Il faut dire que la notion même de logement pour les plus démunis n’a pas évolué dans le bon sens. En effet, la notion de logement social a disparu au « profit » du logement abordable. Or, il y a une grande différence entre ces deux notions. Le logement social implique que le locataire paie un loyer équivalent à 25 % de son salaire, le gouvernement absorbe la différence. Le logement abordable implique que le locataire paie un loyer plus bas que le prix du marché fixé par la Société canadienne d’hypothèques et de logement. Or, le prix du marché est aussi celui fixé par les promoteurs immobiliers, qui n’ont pas de considération pour la capacité de payer des locataires.

Les faits sont là, depuis la disparition du programme fédéral d’Habitation à loyer modéré (HLM) en 1994, la construction de logements sociaux a chuté au Québec de 8000 par an à 2000, alors que la construction de logements privés a explosé « 5000 logements depuis 5 ans uniquement à Sherbrooke » précise Christine Labrie (députée de Sherbrooke).

Plusieurs solutions sont évoquées pour enrayer cette crise, le Front d’action populaire en réaménagement urbain demande que le gouvernement « (…) doit reconnaître le droit au logement dans sa Charte des droits et libertés et d’y préciser que les droits économiques et sociaux aient primauté sur tout autre législation (…) »

Le documentaire relate aussi que le gouvernement devrait financer et construire plus de logements sociaux pour répondre au besoin. De plus, il devrait revoir les lois en matière de logements afin de les adapter à la réalité des locataires face aux hausses de loyer exagérées « qui ne sont pas légitimes », comme le mentionne Gardenia Daye, une personne actuellement sur la liste d’attente de logement du Tremplin. Normand Couture, porte-parole de l’Association des locataires de l’Estrie, propose, quant à lui, de créer une commission d’enquête publique sur le logement pour entendre les victimes des hausses de loyer abusives.

Ce documentaire peut être visionné sur le site de l’organisme : Tremplin16-30.com. Le Tremplin offre du soutien à des jeunes de 16 à 30 ans en situation ou à risque d’itinérance et coordonne l’accès à 23 logements sociaux.

 

Partagez
[TheChamp-Sharing]