Aux p’tits oignons!
On vous y accueille par votre prénom. On vous invite à vous installer, à prendre un café (gratuit!). Bref, on vous traite aux p’tits oignons… Ça se passe dans une épicerie qui sort de l’ordinaire, une épicerie pas comme les autres. Ça s’appelle L’Épicerie Solidaire de Commun’Action; ça se situe au 2e étage (ascenseur) du Centre Multi Loisirs Sherbrooke.

L’Épicerie Solidaire de Commun’Action, c’est pour tout le monde
Les statistiques le démontrent, le citoyen a de plus en plus de difficulté avec son budget quand il s’agit de faire l’épicerie. Selon Statistiques Canada, les prix des fruits frais (+3,0 %), du poisson (+5,1 %), des produits de boulangerie (+8,0 %) et des graisses et huiles comestibles (+14,8 %) ont affiché une croissance plus marquée de 2022 à 2023 en septembre comparativement à août. Dans un tel contexte et compte tenu que les séquelles de la pandémie se font encore sentir, il est primordial pour le consommateur de rentabiliser chaque dollar! Une solution est à sa portée : l’épicerie solidaire! Il n’y a aucun pré-requis pour aller y faire son épicerie. On peut recevoir un revenu de l’aide sociale, être un chômeur, un étudiant, un travailleur à revenu modeste, une personne retraitée, etc.
Une épicerie solidaire
Les tablettes et les frigos sont bien garnis, les produits sont variés et surtout, retenez bien ceci, les prix sont bas. Très bas! La cheffe d’orchestre, Claudette, est aux commandes d’une petite grappe d’acheteurs qui sont des citoyens chargés de magasiner dans les commerces en fonction des spéciaux et rabais en cours. Elle ne compte pas ses heures. Avant d’envoyer son équipe pour les achats en grande quantité, elle aura évalué les besoins selon l’état de l’inventaire, épluché les circulaires, déniché les aubaines annoncées ici et là, réparti les tâches de chacun, puis étiqueté et regarni les tablettes du garde-manger. De plus, elle s’assure de la fraîcheur des aliments. Elle s’acquitte de ses responsabilités avec plaisir – il faut dire qu’elle est tombée dans la marmite étant jeune puisqu’elle est la fille d’un épicier qui a œuvré pendant plus de quarante ans.
Malgré ses dimensions modestes et ses heures d’ouverture réduites (voir notre encart), l’Épicerie Solidaire Commun’Action offre toujours des fruits et légumes frais (achetés le mercredi), des conserves et des produits congelés.
Des témoignages touchants
Le Journal de rue a rencontré quelques habitués de la place. Écoutons Denis: « Ici, c’est comme une épicerie où tous les produits sont toujours en spécial. » L’homme, qui cuisine beaucoup, aime les petits formats – pratiques pour les célibataires – et les produits santé. « J’apprécie particulièrement la chaleur humaine qui se dégage ici : on te prend comme tu es et il arrive même qu’on réponde à une demande personnalisée. »
Pour Stéphanie, ce seront des biscuits aux figues; pour un autre client, une sorte de riz très précise. Des petites attentions qu’on ne retrouve pas dans les grandes surfaces. Ça c’est du service, madame!
Pour Frédérick, qui est végétarien, ce qui l’attire, ce sont les économies substantielles. « Je calcule que ce qui me coûterait 40$ dans une épicerie conventionnelle ne me coûte ici que 25$. Et je trouve à chacune de mes visites des produits végétariens et des produits congelés de toutes sortes à un prix plus que raisonnable. » En le regardant quitter les lieux avec son sac à dos et ses trois sacs bien remplis, pas de doute que ce jeune étudiant se nourrira bien.
Lucie y est allée quelques fois : « L’accueil chaleureux ne se dément pas. L ’endroit est propre et bien rangé. » Elle a envie de s’y impliquer. « Briser l’isolement est particulièrement indiqué dans cette période trouble, ajoute cette personne retraitée, et l’essayer une fois c’est l’adopter. »
Casser la solitude
L’organisme est sous la direction d’Anika Racine. Une personne qui manifeste le plus grand respect pour la clientèle. Sa bienveillance, palpable, fait en sorte que chaque personne qui fréquente les lieux se sent partie intégrante de la grande famille de l’Épicerie Solidaire Commun’Action. « L’organisme, précise-t-elle, a toujours besoin de bénévoles. On cherche surtout des acheteurs. Avis aux intéressés : si vous avez une voiture et que vous aimez magasiner, venez joindre les rangs. »
Outre les économies tangibles que réalise la clientèle, cette épicerie encourage la socialisation. Pour plusieurs, y faire son épicerie correspond à briser l’isolement, établir des contacts, créer des liens. Autour d’une table bien animée, ça rigole beaucoup, ça échange parfois sérieusement et ça se confie souvent. Il y a toujours une place pour piquer une jasette et siroter un délicieux café chaud en agréable compagnie.


