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Logement
vol. 23, no 3

Se loger : un défi depuis longtemps !

20 juin 2025 | Par Mhist - Musée d’histoire de Sherbrooke | Logement, vol. 23, no 3

Crise, accessibilité, coût… la question du logement est un problème qui n’est pas apparu ces dernières années, malheureusement.

Un édifice à logements, qui déménage carrément, passe du coin Brooks/King Ouest vers un endroit non identifié.
▪ Source : Collection Gérard Auray. Musée d’histoire de Sherbrooke © 1958.

À Sherbrooke, la question est d’actualité dès la fin du 19e siècle. L’effervescence industrielle et la rareté des logements entrainent des quartiers surpeuplés. Il n’est pas rare de compter de 16 à 20 personnes par maison sur le Plateau-Marquette, parfois même deux familles (nombreuses) dans un même logement. Dès 1871, Sherbrooke vit véritablement une crise du logement !

L’offre n’est guère mieux au début des années 1900 et ne s’améliore pas lorsqu’arrive la crise économique de 1929. Beaucoup de familles sherbrookoises se retrouvent alors sans ressource. Malgré l’aide de la Ville, La Tribune rapporte que certaines familles doivent habiter dans d’anciens poulaillers et remises à bois convertis en logements.

À la même époque apparaissent des microquartiers que l’on peut qualifier de taudis comme le « village » Lauzon (à l’emplacement du restaurant McDonald de la rue King Est). Dès les années 1920, ce secteur offre une trentaine d’habitations insalubres au coût de loyer oscillant entre 10 $ et 35 $ par mois, soit environ entre 100 $ et 340 $ actuels.

Toujours dans l’Est, mais un peu plus près du centre-ville, la rue des Tuyaux tire son nom officieux en raison de la vétusté des maisons qui s’y trouvent, et au sommet desquelles ressortent des tuyaux qui tiennent alors lieu de cheminées. Ce quartier demeure pendant quelques décennies un symbole de pauvreté et d’infortune, mais aussi de débrouillardise.

Ces deux exemples ne sont pas les seuls sur le territoire sherbrookois, alors que des citoyens bricolent des maisons sur les terrains vagues situés aux limites nord et ouest de Sherbrooke, là où elles n’ont pas accès aux services publics, comme l’aqueduc et l’électricité.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les choses s’améliorent un peu. La législation fédérale favorise l’accès à la propriété par la construction de coopératives d’habitation ainsi que par le Veteran’s Housing Act. Les rues Denault et Galt Est sont encore aujourd’hui témoins de la construction en série de ces petites maisons unifamiliales pour le retour de nos vétérans.

Dans les années 1950 et 1960, la Ville de Sherbrooke précise les règles de construction et d’hygiène, ce qui oblige les propriétaires à apporter des améliorations à leur propriété ou à les raser !

Ces nouvelles normes entrainent la disparition du « village » Lauzon et de plusieurs édifices dans le petit Canada, aujourd’hui dans le quartier environnant les rues Galt Ouest et Belvédère.

À la fin des années 1960, l’Office municipal d’habitation de Sherbrooke voit le jour, ce qui se traduit par un effet positif dans l’offre de logements plus abordables.

Parallèlement, les familles modestes (ou non) s’établissent dans les nouvelles banlieues, laissant les enjeux de logements bien présents dans les anciens quartiers ouvriers.

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