Le Laurentien

5 janvier 2026 | Par Stéphane Duperron | Camelots, Voix libre, vol. 24, no 1

Pour ma chronique de début d’année, qui correspond avec le mois de ma naissance, j’ai décidé de vous parler de moi, le Laurentien. Prenez note que ce n’est pas une autobiographie, disons que je vais vous relater des faits saillants de mon parcours de vie.

Dans cette série d’articles, Stéphane Duperron, camelot au Journal de rue, nous présente des faits saillants sur sa jeunesse. Ici, il est question de sa ville d’origine et de sa petite-enfance. Source : © JDR, 2025

Je viens du sud-ouest de Montréal, c’est-à-dire, des quartiers Saint-Henri, Pointe-Saint-Charles, Ville-Émard, Verdun, ville de Lasalle.

J’ai été conçu à Ville-Émard, l’hôpital le plus près est situé à Verdun, c’est là que je suis né, par une froide soirée de fin janvier.

Le célèbre joueur de hockey, Mario Lemieux, vient aussi de Ville-Émard; tandis que Oscar Peterson, né en 1935, considéré comme l’un des meilleurs pianistes de jazz de tous les temps est originaire de Saint-Henri.

Ma mère biologique avait 41 ans lorsqu’elle a accouché de moi et était dépressive. Donc, elle ne pouvait pas s’occuper de moi. J’ai un frère et une sœur jumeaux qui avaient alors 12 ans, le premier prenait soin de moi, et la seconde faisait office de femme de maison malgré son jeune âge. Ceux-ci sont d’ailleurs mon parrain et ma marraine. J’ai aussi un autre frère qui a six ans de plus que moi.

À l’âge d’un mois, j’ai été confié à mes oncles et tantes, du côté maternel, les Labelle. Puis, à un an, je suis allé vivre dans des familles nourricières, quatre en tout. À deux ans, je n’étais pas propre et je ne parlais pas encore.

Au début de l’année 1974, j’en étais à ma troisième famille d’accueil, lorsque celle qui allait devenir ma tante me confia au frère de son conjoint, qui s’attacha à moi et décida de me prendre sous son aile, et ce, jusqu’à l’âge adulte. Elle a été ma quatrième et dernière famille d’adoption.

Le tout a été officialisé le 1er mars 1974, alors que j’avais deux ans, au Centre de services sociaux du Montréal Métropolitain. J’y ai passé près de deux belles années, malgré les remous, les séparations, un peu de violence physique.

De plus, ma mère nourricière n’était pas du genre patiente. Côté matériel, j’étais dans la « ouate » comme on dit, mais cela « brassait dans la cabane ».

Avant que j’entre à la maternelle, c’est la mère de ma mère adoptive qui me gardait. Elle louait un logement en haut du « bonhomme Jolicoeur », situé près d’une école.

Un jour, je me suis rendu dans cet établissement, en déjouant la vigilance de ma gardienne. J’ai longé un corridor, j’ai trouvé une porte de classe ouverte, je suis entré et je me suis assis à un pupitre. Je me mis alors à scander : « Je veux aller à l’école ».

La suite de ma chronique paraîtra dans le prochain numéro.

Stéphane Duperron, camelot au Journal de rue

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