Pignon sur rue

23 février 2026 | Par Marie-Thérèse Lebeau | Camelots, Voix libre, vol. 24, no 2

C’est le 19 janvier dernier que les camelots ont découvert leur nouveau lieu d’appartenance, situé au 255, rue Galt Ouest.

Les camelots étaient ravis de découvrir leur nouvel espace de vie le 19 janvier dernier. Nancy Mongeau, directrice du Journal de rue et Marie-Thérèse Lebeau, intervenante sociale au Journal de rue, les accueillent. Source : © Geneviève Leroux, 2026

Comme le mentionnait Nancy Mongeau, directrice générale du journal de rue de l’Estrie, dans le numéro précédent : « l’organisme est désormais propriétaire ! » Elle expliquait qu’en raison de la conjoncture, plus de gens viennent frapper à nos portes pour devenir camelots.

En effet, avec le coût des loyers et le panier d’épicerie qui ont connu des hausses faramineuses depuis quelques années, sans compter les autres situations de précarité sociale que certains peuvent vivre, il devenait impératif de se trouver un autre endroit, et ce, pour bien répondre aux besoins de la clientèle.

L’organisme a été locataire à la Chaudronnée de l’Estrie pendant un peu plus de dix ans. L’équipe du journal conservera assurément de très bons souvenirs de collaboration et de générosité de la part de cet acteur si important dans le milieu. Toutefois, il fallait trouver plus d’espace, un lieu moins bruyant où la confidentialité des services offerts à nos usagers ainsi que la concentration du personnel serait assurée.

Après la réunion bimensuelle du choix des points de vente par les camelots, j’ai été à même de constater l’enthousiasme certain de la part des principaux intéressés.

En effet, la réunion a débuté avec des applaudissements, suivi d’un mot d’appréciation de la part de notre camelot Sylvain, qui a mentionné être content du nouvel emplacement, et a remercié l’équipe.

Par la suite, j’ai récolté les premières impressions de quelques camelots.

Katherine : « Je trouve que c’est une belle place accueillante, nous avons notre place à nous, avec notre intimité, et on se sent plus en sécurité. »

Alain : « J’aime que nous soyons seulement nous dans la bâtisse, et surtout ne plus avoir à monter les escaliers. » Il faut dire qu’Alain est une personne à mobilité réduite, donc être au niveau du sol facilite grandement ses déplacements.

Aimé : « L’idée est excellente d’avoir fait l’acquisition de cette nouvelle bâtisse. Cela va permettre au journal d’avoir une meilleure image, loin de la violence. Le journal permet donc à ses camelots de vivre dans une atmosphère paisible. On est gagnant. »

Louise : « C’est très beau, une très belle acquisition, il y a plus d’espace, c’est spacieux. C’est plus paisible, tranquille, et bien aménagé. »

Pour sa part, notre camelot Charles, abonde dans le même sens que ses collègues.

J’ai demandé également à Grégoire-Étienne Saint-Aubin, intervenant social au journal depuis 2010, de nous faire part de ses premières impressions : « Je me sens chez moi. Je trouve cela plus accessible pour la clientèle étant donné que tout est situé sur le même étage. Nous sommes aussi très bien situés, près du centre-ville et du Partage Saint-François. De plus, les espaces fermés sont très appréciés pour garantir la confidentialité. Bref, je ressens une grande fierté que l’on soit rendu propriétaire. »

Luc Breton, président du conseil d’administration, dit « ne pas en revenir » que le Journal de rue ait son propre local. « On se croirait dans une salle presse traditionnelle », renchérit-il. Il éprouve une grande fierté à l’égard de cette acquisition, un chez soi, qui montre que le communautaire peut faire beaucoup.

Finalement, le mot de la fin revient à notre directrice qui nous exprime que cela allait de soi qu’on fasse ce changement majeur pour l’organisme, c’était une nécessité. Et en même temps, c’est tellement extraordinaire que l’on soit rendu là, à posséder notre propre espace.

Par conséquent, Mme Mongeau nous rappelle qu’en tant qu’organisme communautaire, nous continuons d’avoir besoin de l’appui de la population. Cette dernière peut contribuer en devenant membre ou en faisant un don.

Nous refermons donc nos portes sur une journée marquante dans l’histoire du journal, avec ce sentiment de satisfaction de faire partie intégrante d’une si belle communauté.

Pour appuyer le journal de rue

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Par la poste : Journal de rue de l’Estrie
C.P. 62, succ. Place-de-la-Cité
Sherbrooke (Québec) J1H 5H5

Par téléphone: 819 348-0086

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