Faire preuve d’ouverture et tendre la main

1 mars 2026 | Par Nancy Mongeau | Itinérance, Pauvreté, vol. 24, no 2, Éditorial

Nous voilà bien installés dans nos nouveaux locaux de la rue Galt Ouest! Le Journal de rue est devenu propriétaire de ce bâtiment dans lequel sont accueillis, depuis le début de l’année, les camelots et toutes les personnes impliquées dans nos activités. Notre intervenante sociale, Marie-Thérèse Lebeau, vous révèle dans son plus récent article, publié dans ce numéro, ce qu’en pensent vos camelots.

Nancy Mongeau, directrice du Journal de rue de l’Estrie, dans les nouveaux locaux de l’organisme. Source : © Geneviève Leroux, 2026

Branchés sur le terrain, les employés du Journal ont la chance de discuter régulièrement avec les gens que nous aidons directement. Ces hommes et ces femmes qui vivent des difficultés les empêchant d’occuper un emploi traditionnel nous inspirent au quotidien. Leur courage et leur résilience sont remarquables. Ils et elles persévèrent, malgré les défis, dans leur cheminement personnel et professionnel en vous proposant le journal de rue aux portes de commerces partenaires de notre organisme de bienfaisance.

Bien sûr, nous leur accordons tout le mérite de leurs efforts soutenus, mais vous participez grandement à leur réussite. En effet, en leur achetant le journal, en leur offrant un pourboire et en leur souriant ou en leur adressant une parole d’encouragement, vous contribuez activement à la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale que vivent ces gens.

Chacun ses valeurs, dans le respect de l’autre

Un de nos camelots me racontait récemment qu’une de ses clientes a refusé d’acheter le Journal, lui confiant y avoir lu un article au sujet du libre choix de l’avortement. Cela m’a un peu troublée. Ce sujet est délicat, car il touche à des valeurs profondément ancrées dans le cœur des gens, en particulier de ceux qui sont fondamentalement pour ou contre. On peut être tenté de penser que ce sujet n’en est plus un de débat au Québec, mais il serait faux de croire que nous partageons tous les mêmes valeurs.

Ce ne sont pas les croyances ou les valeurs de cette cliente réfractaire qui m’ont dérangée, mais la fermeture à l’autre, et particulièrement, le fait d’avoir refusé d’aider une personne dans le besoin parce qu’elle vend un journal communautaire ayant publié un texte avec lequel elle n’était pas d’accord.

Fier de son engagement social, le Journal de rue offre la parole à tous. Chaque article est soumis à des principes éditoriaux axés sur le respect, l’inclusion et la protection des personnes et groupes vulnérables, ainsi que sur la véracité des faits. La parole est donnée à des organismes et à des citoyens et citoyennes bénévoles, sans égards à leurs croyances religieuses ou politiques. Cela ne changera pas.

Notre mission et nos activités sont axées sur la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, et quiconque souhaite y contribuer peut tendre la main en achetant le journal aux camelots. Ce geste simple et concret cible directement l’amélioration des conditions de vies de gens que l’inflation touche de plein fouet. Quand travailler fort ne suffit plus à combler l’écart entre ce qui est juste et ce qui ne l’est pas, votre soutien devient une bouée de sauvetage.

Nancy Mongeau, directrice du Journal de rue

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