Donner la parole

25 mai 2026 | Par Mylène Roy | Camelots, vol. 24, no 4, Évènement

Les camelots du Journal de rue, en collaboration avec l’Association des auteures et auteurs de l’Estrie (AAAE) et la Ville de Sherbrooke, ont participé au projet Donner la parole. Ce projet, qui prenait la forme d’ateliers d’écriture et de communication orale, a culminé avec la présentation des textes devant public dans les locaux du Journal de rue le 31 mars dernier.

Les participants aux ateliers Donner la parole ont reçu un certificat après avoir présenté leur texte devant public le 31 mars dernier. De gauche à droite : Marie-Thérèse, Louise, Charles, Arsène, Gérard, Clément et Lucie. Source : © JRE, 2026

Sous le thème « De l’hiver au printemps », la visée de ce projet était d’aborder une épreuve en cheminant vers l’espoir, le positif. Arsène Talbot, l’animatrice des ateliers et autrice, affirme que le printemps représente souvent la partie la plus difficile à rédiger.

Tour à tour, les camelots ont donc présenté leur texte. Certains d’entre eux ont lu leur récit, alors que d’autres se sont improvisés conteurs. Tous ont fait preuve d’une grande authenticité, et ce, tout en surmontant l’émotion et la nervosité provoquées par cette lecture ou par cette improvisation.

Une expérience enrichissante

Après les présentations, les camelots ont reçu un certificat attestant leur participation aux ateliers et soulignant cet accomplissement. Par la suite, c’est avec fierté qu’ils ont partagé leurs impressions à propos du projet.

Pour Louise, c’était une belle expérience : « Je n’ai pas souvent parlé devant les gens, mais Arsène a été super pour nous guider. »

Hacen, quant à lui, a mentionné qu’il ne s’est pas senti à l’aise devant le public : « Je n’aime pas quand il y a beaucoup de monde, mais j’apprécie le soutien et les encouragements. L’écriture donne un sens, traduit les pensées. »

De son côté, Lucie dit avoir trouvé difficile d’aborder son printemps. Ses sentiments restent tout de même positifs : « C’était une belle expérience, une bonne thérapie. C’était bien de parler, j’aimerais renouveler l’expérience. »

Gérard a mentionné avoir particulièrement aimé le fait de mettre en commun les textes et de partager leur ressenti : « On sent qu’on n’est pas seul. »

Charles a avoué que son plus grand défi a été de mettre ses pensées sur papier :« Ici, j’ai eu des trucs, ça m’a vraiment aidé. »

Finalement, Clément a apprécié le fait d’avoir rencontré des gens, il a déclaré avec aplomb : « Cela brise mon isolement. En plus, je n’avais jamais parlé devant des gens. Je vais prendre soin de mon certificat, c’est mon premier ! »

Une collaboration précieuse

Arsène, l’animatrice des ateliers, a été très appréciée, non seulement des camelots, mais également de toute l’équipe du Journal de rue. Derrière à gauche, on aperçoit Grégoire-Étienne Saint-Aubin, intervenant au Journal de rue, qui a créé une ambiance chaleureuse avec sa guitare. Source : © JRE, 2026

Un tel projet n’est pas possible sans la collaboration de plusieurs personnes. Florent Gouézin, coordonnateur de l’AAAE a semé l’idée auprès de notre intervenante sociale. Il avoue que, pour lui, réciter des textes avec autant d’authenticité, comme l’ont démontré nos camelots, fournit un beau prétexte pour se rassembler. « On a eu ce qu’on voulait ! », déclare-t-il, tout sourire.

Marie-Thérèse Lebeau, intervenante sociale au Journal de rue, en plus d’assurer la logistique des ateliers, a accompagné les camelots et a elle-même participé au projet. « La participation du groupe a permis de créer une belle synergie. J’ai été émue de voir les participants se livrer ainsi. », dit-elle en saluant leur courage.

Finalement, la participation d’Arsène comme animatrice a donné le souffle aux ateliers, notamment en créant un lien de confiance avec les camelots. Elle dit avoir reçu un bel accueil de leur part : « Tout le monde était prêt à l’avance pour le deuxième atelier, cela m’a émue qu’ils reviennent tous. » Leur motivation à écrire a ainsi permis aux ateliers d’être fluides. Le fait que le troisième atelier mettait à profit une deuxième compétence, celle de la communication orale, n’a pas rebuté les camelots qui se sont prêtés au jeu avec enthousiasme.

Arsène lève son chapeau aux camelots qui ont tous su relever le défi que demandaient ces ateliers. Elle dit également apprécier grandement ce type d’atelier parce que le fait de parler des émotions laisse place aux émotions. C’est effectivement ce qui s’est produit.

La parole a ainsi été donnée à nos camelots et ils l’ont prise.

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