Le Laurentien, 5e partie

1 juillet 2026 | Par Stéphane Duperron | Camelots, Voix libre, vol. 24, no 5

J’ai fréquenté le fameux centre pour mésadaptés sociaux affectifs, c’est dans cette catégorie que j’ai été classé alors que j’étais encore au primaire. C’était bien, il y avait quatre sections, j’étais dans la section des cosmos.

Stéphane Duperron raconte ses expériences en centre d’accueil, en pensionnat et à l’école publique. Source : © JRE, 2025

Au début, le centre s’appelait Clair Séjour , pour devenir ensuite La Clairière. Le matin, ils ouvraient les lumières doucement, et faisaient jouer de la musique.

Dans les premiers temps, j’étais dans la deuxième rangée à droite, dans le deuxième cubicule. Par la suite, le cubicule près de la fenêtre s’est libéré et j’ai pu avoir ma place dans celui-ci.Parfois, un convoi du train VIA Rail passait tard le soir, je le regardais. Un de mes boys m’a un jour offert le blueprint de la locomotive du « LRC ». Son père était ingénieur chez Bombardier.

Nos soirées en miniski étaient mon activité préférée. La génération X sait de quoi je parle. Notre objectif était de tenir debout jusqu’en bas de la côte. Aux trois quarts de ladite descente, il y avait un petit creux, nous faisions des jumps à condition que les miniskis soient serrés sur nos bottes. Lorsque nous réussissions, la sensation était vraiment cool.

Les parties de kick la cacanne étaient aussi très appréciées. Les joueurs allaient se cacher et lorsqu’ils étaient trouvés, ils allaient en prison, et ce, sans se faire voir. Nous allions ensuite devant la prison kicker la canne pour libérer les prisonniers. C’était très stimulant comme jeu.

L’escalade du mont Condor à Val-David, une paroi rocheuse de deux cents pieds, avec la fameuse cheminée, s’avérait aussi être une autre activité intéressante pour le groupe. Nous l’avons escaladé en avant-midi. Après dîner, nous nous sommes attaqués à la cheminée. C’était assez trépidant, merci !

En secondaire un, j’ai été admis au Collège Laval, qui était la propriété des pères Maristes, j’y étais pensionnaire. J’ai eu le privilège d’y croiser Martin Petit, l’humoriste, qui était en secondaire trois ainsi que le père de Nathalie et René Simard, qui travaillait dans les cuisines du Collège.

En secondaire deux, alors que j’avais épuisé ma banque d’un système de points, j’ai perdu mon statut de pensionnaire et je suis devenu externe. C’est donc pour cette raison que je me suis retrouvé dans un foyer de groupe, le Foyer Jetté.

J’ai ensuite poursuivi mes études à l’école Saint-Maxime, à Laval. Il y avait un autre Stéphane Duperron et nous avons même été dans la même classe. Et puis, j’ai terminé mon secondaire en 1989 avec nul autre que Ian Lafrenière, qui a récemment été nommé ministre de la Sécurité publique.

J’espère que cette autre incursion dans ma folle vie vous a plu, cher lectorat. À bientôt.

Stéphane Duperron, dit fils de Harris

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