Le Laurentien, 6e partie
Pour ma chronique, je vais vous raconter mes vacances estivales avec mes parents biologiques, à Saint-Faustin et Saint-Faustin du Lac Carré.

Dans ces municipalités, en 1977-1978, il y avait un grand lac et une auberge. Mon papa louait une chambre d’hôtel. Je me souviens d’une nuit très humide, ce genre de nuit où le drap contour vous colle à la peau. C’était au milieu du mois de juillet, j’ai dormi tant bien que mal.
Je me souviens également de la fois où mon père m’a emmené déjeuner avec lui au restaurant. Il y avait des tables et un long comptoir, avec des tabourets trop drôles. Mon papa commandait ses œufs baveux et il m’en commandait aussi. Le lieu était bondé. Je ne voulais pas manger ces œufs. Je criais que l’albumine était de la morve. Assez gênant pour mon paternel qui m’a sorti rapidement du restaurant.
C’est dans ce coin de pays que j’ai appris à nager. Mon père m’a soulevé à bout de bras, et m’a lancé à une douzaine de pieds du bord, mes pieds ne touchaient pas au fond.
Mon oncle Georges habitait une roulotte, avec un lac artificiel sur son terrain, entouré de sable. C’était un bel endroit. Il y avait un quai et en fin de journée, nous allions pêcher et ensuite nous allumions un feu. J’ai été initié à l’art de la patate en robe des champs, cuite dans le feu et la braise. Ce sont les seules vacances d’été que j’ai passé avec mes parents biologiques.
Outre les vacances d’été à Saint-Faustin avec mes parents biologiques, mes parents nourriciers prenaient des vacances de moi en m’envoyant dans des colonies de vacances, car j’étais quelque peu turbulent : le camp des frères Maristes et celui du Lac Sauvage, pour ne nommer que ceux-là. Une panoplie d’activités nous y attendaient : tir à l’arc, voile, canoë, camping sauvage avec une nuitée seuls en forêt, les repas dans la grande cafétéria. Il y avait aussi, au camp, des wigwams (tipi), des tirs sur cible avec des fusils de petit calibre, des compétitions de souque à la corde et de la randonnée pédestre.
Lors d’une randonnée, le moniteur nous a fait découvrir les patates sauvages. Nous les trouvions sous terre (trois tiges d’environ huit pouces). Nous les avons goûtées sur place. Ma langue a doublé d’épaisseur tellement c’était fort.
Un autre souvenir me vient à la mémoire : une nuit, alors que nous dormions dans notre dortoir, les moniteurs ont introduit un long bras poilu comme ceux des gorilles pour nous effrayer. Que de beaux souvenirs des vacances de la construction de ma jeunesse !
Nous reviendrons au Laurentien plus tard pour de nouvelles incursions dans ce que j’appelle ma vie de fou.
Merci, à bientôt !
Stéphane Duperron dit fils de Harris, camelot au Journal de rue


