Arrêt de Bus

18 août 2026 | Par Bernard A. Couture | Camelots, Poésie, vol. 24, no 6

Source : Nicole Boisvert

Des promesses dans la tête et des cailloux dans les poches
Un survivaliste de la rue déclame sa sombre vérité
Perdu dans ses rêves, un chien errant aboie à la lune
Pas de famille, pas de chaumière, une vie de misère
Deux êtres esseulés partagent la même réalité

Une rumeur se propage chez les oiseaux migrateurs

Battu par le temps, il vient de manquer son bus
Un bruit de fond jacasse dans sa tête, il ne voit rien
Seconde après seconde, le temps figé de l’attente le momifie
Les papillons de nuit tourbillonnent autour du lampadaire
Un mirage se présente à lui, un mauvais bus toujours l’attente

Une rumeur se propage chez les oiseaux migrateurs

À proximité résonne un chant d’oiseaux enfermé dans une cage
Un chant alarmiste, une complainte sur la liberté
La rue lorsque toutes les portes et fenêtres sont fermées
Il demeure toujours un ciel sans frontière ni barrière
Un chien errant aboie à la lune et le bus n’arrive toujours pas

Une rumeur se propage chez les oiseaux migrateurs

Une fine grisaille arrive les nuages pleurent de déplaisir
Le survivaliste étale son trésor de roches à vendre
L’opprobre un gardien de la cité l’expulse avec mépris
Témoin d’une injustice et ne rien faire, l’indifférence
Toujours en attente de son bus l’aboiement du chien le dérange

Bernard A. Couture, camelot au Journal de rue

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