Nouvelles de Québec

1 octobre 2026 | Par Hubert Richard | Camelots, Voix libre, vol. 24, no 7

Mon expérience à Québec comme camelot pour le magazine La Quête a été éprouvante, mais très enrichissante. L’itinérance dans le quartier Saint-Roch est assez intense. C’est un monde en soi à travers ce quartier gentrifié de Limoilou, juste en dessous de la haute ville.

Hubert Richard, camelot au Journal de rue, vend le magazine La Quête lors de son passage à Québec. Source : © Courtoisie de La Quête

Des ressources en hébergement

À part le fait qu’on s’est fait accuser d’avoir pris des bananes dans un frigo libre-service sur le bord de l’église Saint-Roch par un gars de la place qui avait faim, et à qui nous avons remis une banane, notre intégration s’est faite avec une certaine douceur.

J’ai eu le plaisir de me batailler aux échecs à la salle à manger de Lauberivière, un refuge multiservice à Québec pour les personnes en situation d’itinérance ou à risque de l’être. En passant, le niveau de jeu est assez élevé là-bas, je n’ai pas réussi à gagner une partie.

J’ai fréquenté une deuxième ressource pour dormir, la Halte Saint-Jean, gérée par l’organisme Ambulance Saint-Jean. On y retrouvait un grand dortoir avec des chaises pliantes qui peut recevoir une trentaine de résidents d’un soir. On se fait réveiller le matin vers six heures avec un café et on se fait mettre dehors vers sept heures, un luxe, car à Lauberivière, nous avons seulement huit heures de répit. Cela veut dire que l’on se retrouve à la rue entre cinq et six heures le matin.

Pour les repas, il était possible de se nourrir à Lauberivière chaque jour avec 75 sous : trois bons repas, à condition de faire un dix minutes de bénévolat. Il y a aussi une soupe populaire, pas loin sur la rue Saint-Joseph, à 75 sous également, ouverte pour les déjeuners et les dîners, les jours de semaine.

Fait intéressant : les chiens ont leur place avec nous, autant dans les dortoirs que dans les cafés ou les salles à manger. Vivre dans la rue n’est pas facile, car on n’a pas vraiment d’endroit à soi, sinon le petit parc avec ses arbres.

Camelot à La Quête

L’équipe de La Quête est vraiment géniale. Je me suis senti en famille dès la première journée.

On m’a donné un coin de rue pour vendre les magazines, celui-ci était sur la même avenue que Lauberivière. Je m’y rendais les matins et l’après-midi en marchant tout droit et en traversant le pont de la rivière Saint-Charles. C’était à 12 minutes de marche. J’y retrouvais un quartier tranquille juste à côté d’un pavillon du cégep de Limoilou.

Bien sûr, il y avait aussi beaucoup de touristes, mais les gens du quartier étaient vraiment nice, même ceux qui m’ignoraient parce que je les sollicitais tous les jours. Là-bas, j’ai appris à faire mon boulot avec plus de discipline, car j’avais un coin de rue, et c’était le mien.

Vous vous imaginez que je ne vous dis pas tout, car, nous ne sommes pas vraiment intimes, c’est seulement ma deuxième chronique dans le journal.

Hubert Richard, camelot au Journal de rue

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