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Camelots

Rosaire, un membre très impliqué

1 août 2014 | Par Geneviève Kiliko | Camelots

Qui n’a pas vu cet homme plein d’entrain, affichant toujours un sourire magnifique et proposant le Journal de rue aux passants du centre-ville de Sherbrooke? Que ce soit au Marché de la gare ou encore devant la Maison du cinéma, Rosaire Morneau, camelot pour le Journal de rue depuis 3 ans, laissera certainement sa trace dans le cœur des piétons du centre-ville. Mais qui est donc ce gentil homme au regard rempli de joie et de gratitude envers la vie?

Rosaire
Les habitués du Marché de la gare connaissent bien leur camelot, notre membre Rosaire, représentant des camelots et administrateur au sein du conseil d’administration de la coopérative de solidarité Journal de rue Le Nouvel Espoir.

Rosaire Morneau provient de la petite ville de Kingsbury, tout près de St-François-Xavier. Il a grandi au sein d’une grande famille; il est le septième d’une famille de 11 enfants. Il a été à l’école à Richmond au cours de son enfance et de son adolescence. Son père exerçait le métier d’agriculteur, ce qui a amené Rosaire à travailler sur la terre dès son plus jeune âge. Ce contact régulier avec la nature lui a permis de développer une certaine expertise au niveau des travaux manuels. En effet, Rosaire a occupé des emplois au cours de sa vie qui nécessitaient des compétences professionnelles de ce genre.

Rosaire a dû quitter l’école à l’âge de 16 ans. Il éprouvait beaucoup de difficultés à l’école; son institution scolaire a décidé de l’envoyer dans une classe spéciale et il s’est dirigé vers les métiers spécialisés. « J’ai toujours été un enfant à part. J’ai commencé à marcher à 2ans… », affirme Rosaire. Sa formation spéciale l’a conduit dans différentes usines où il a effectué des tâches de toutes sortes. Les postes qu’il a occupés n’ont pas toujours été faciles. En 1976, Rosaire travaillait dans un endroit où il était sous-payé. « J’ai travaillé dans un endroit où on ambitionnait sur moi. Je travaillais pour pas grand-chose. J’ai eu d’autres emplois par la suite dont le dernier où j’ai été renvoyé. Ensuite, j’ai dû me mettre l’assurance-chômage et après, sur le bien-être social. »

En 1991, Rosaire a vécu une séparation conjugale qui l’a énormément affecté. En effet, il a été marié pendant 12 ans et de cette union, il a eu un fils qui a maintenant 30 ans. Cette épreuve fut la plus difficile de sa vie. Afin de s’en sortir, il a consulté un groupe d’entraide, groupe étant destiné aux gens séparés et aux divorcés. « Je n’ai pas eu d’autres femmes par la suite, car j’ai toujours été marqué par cette relation », me confie Rosaire. Il dit croiser son fils occasionnellement au Marché de la gare, mais il souhaiterait le voir davantage.

C’est lorsqu’il était sur l’aide sociale que Rosaire a connu le Journal de rue. Il habitait dans le centre-ville et à cette époque, le Journal de rue était situé sur la rue Alexandre. « Quand j’ai connu le Journal de rue, ça m’a ouvert des portes, le monde dehors est sympathique », dit Rosaire. Il s’est proposé pour devenir camelot et voilà! Il est maintenant le représentant des camelots de Journal de rue, poste qu’il exécute avec passion et fierté! Ce travail lui a permis de se bâtir un réseau social et d’augmenter son revenu mensuel. Son implication et sa bonne humeur font de Rosaire un excellent camelot.

Rosaire a-t-il des rêves pour l’avenir? « Là où je suis rendu, je suis content. Je suis entouré de gens… j’ai laissé ma trace ici ». Son emploi idéal : celui qu’il occupe présentement. « Les gens de Journal de rue m’ont toujours demandé quand j’allais laisser ma signature dans le Journal de rue ». C’est maintenant une chose accomplie!

L’équipe du Journal de rue de Sherbrooke tient à remercier chaleureusement notre cher Rosaire pour son implication. Sans lui, ce journal ne serait pas le même!

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