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Faire si peu de bruit et tant de bien

1 août 2018 | Par Pierrette Denault | Communautaire

C’est en face du cimetière Saint-Michel de Sherbrooke que Josée Gobeil, enfant unique, a vécu son enfance et son adolescence. Sans le savoir, c’est peut-être là qu’elle a apprivoisé la mort; c’est peut-être là aussi, entre deux parents âgés et aimants, qu’elle a développé des qualités qui font d’elle, depuis près de 17 ans, une bénévole extraordinaire à la Maison Aube-Lumière. Rencontre avec un être d’exception. 

Josée Gobeil
Josée Gobeil, bénévole à la Maison Aube Lumière.

Nul doute, que Josée sait comment composer avec les personnes qui sont en fin de vie. « La mort, dit-elle, est tabou pour plusieurs personnes. Mais pas pour moi. J’ai connu la Maison Aube-Lumière quand j’ai accompagné ma tante ici en 1999. J’ai vu tout le bien qu’on y faisait. J’ai voulu donner à mon tour. Maintenant la Maison Aube-Lumière n’a plus de secret pour moi. » La directrice du bénévolat et des services de soutien, Mme Sylvie Bergeron, ne tarit pas d’éloges au sujet de Josée : « Elle est une personne habitée, vibrante. Elle se démarque par son authenticité. Elle ne dit jamais non. Elle est toujours à la recherche de moyens pour faire connaître davantage notre Maison. Ce qui nous frappe, c’est sa spontanéité du don. Elle consacre bénévolement des dizaines d’heures par semaine au bien-être des patients, de leurs proches, du personnel soignant, du personnel administratif et des 249 bénévoles. De fait, elle est généralement présente sept jours sur sept du matin au soir. Je connais son heure d’arrivée, mais jamais son heure de départ. Elle propose même de faire du bénévolat durant ses vacances annuelles! Chaque organisme voudrait avoir sa Josée. » 

« Chaque année, précise Mme Bergeron, elle organise la campagne de poinsettias, elle s’empresse de trouver des bénévoles et de planifier leurs horaires – cette année, on a ramassé la somme de 24 000 $! Elle a même fait lettrer sa camionnette à l’effigie de l’organisme. » Josée s’occupe aussi de faire de la publicité au Salon du VR, en plus de récolter des dons de vêtements pour femmes qui seront vendus dans une friperie à la Place des congrès, près de l’hôtel  Delta, aux profits de la Maison Aube-Lumière.  Josée, rougissante, écoute en toute humilité : « C’est comme une vocation pour moi, comme si j’étais une religieuse et que j’avais une mission à remplir. J’ai une certitude, je sais que je ne regretterai jamais ce don de moi. » 

Quand on la questionne sur ce qu’elle aime de son travail – entretien ménager – elle enchaîne spontanément : « Travailler ici, c’est un combat de tous les jours contre la montre. On travaille avec des personnes vivantes, bien vivantes… on n’attend pas pour régler les plus petits détails. On s’assure que tout va bien.  

Pour l’un, c’est de rapprocher une table, pour un autre c’est d’apporter un journal ou d’écouter ce qu’il a à nous dire. On soigne tout le monde dans la dignité. On accorde les mêmes soins et les mêmes attentions à tous et à toutes. Ici tout le monde est égal : on ne fait pas de différence entre une personne très riche ou très instruite et un itinérant. On se met à nu devant la personne à qui on rend service, On se met entièrement à son écoute, on tente de la rejoindre là où elle est rendue.  Pour chaque personne, le monde a la grandeur de sa dernière chambre. » 

Josée lance un message aux lecteurs et lectrices du Journal de rue : « La Maison Aube-Lumière est toujours à la recherche de bénévoles. Si vous êtes une personne ouverte aux autres, si vous êtes capable de respect et de souplesse, capable d’ajuster votre niveau d’adaptation, venez joindre nos rangs. » 

Josée Gobeil n’habite pas Aube-Lumière, c’est Aube-Lumière qui l’habite.  

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