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Mes vacances

1 décembre 2018 | Par Sylvain Jodry | Camelots

Plusieurs clients ont remarqués mon absence de Sherbrooke cet été et me demandent pourquoi je ne vendais pas le Journal. Alors j’ai décidé de leur répondre par cet article! 

Valcartier 

Tout d’abord, j’ai été voir ma fille Isabelle durant deux semaines en avril pour le baptême de ma dernière petite-fille. Elle habite sur la base militaire de Valcartier, car son mari Guillaume est dans l’armée. Ma fille travaille à la garderie de la base.  Ils ont trois enfants et ce sont toutes des filles : Rosalie 6 ans, Noémie 2 ans et Élodie, un an. 

Mon gendre m’a offert une visite guidée de la base. J’ai pu voir le lieu où il pratique le tir, la course, le lancer de grenade. Il m’a aussi montré les tanks, les avions et un hélicoptère, mais nous ne sommes pas entrés dans le garage, car il est interdit aux visiteurs.   

Nous sommes allés en famille visiter le Vieux-Québec et les grands magasins de la ville. J’ai acheté des vêtements pour les enfants. Je suis un grand-père qui aime gâter ses petits-enfants! 

Hamilton 

J’ai ensuite été aider mon fils Martin à Hamilton. Ça m’a pris 3 jours en autobus me rendre là! Il voulait vendre sa maison, mais son chien Sammy avait mangé les coins du tapis et abîmé les portes. Papa a donc aidé son gars à faire un peu de rénovations et d’autres petits travaux pour qu’elle soit vendable.  

Nous en avons aussi profité pour faire des activités : beaucoup de marches, une visite au casino, à la gare, à l’aéroport et dans le magasin avec les gros manèges. On pense que c’est une grosse ville Hamilton, mais elle ne l’est pas tant que ça. 

Martin a mis sa maison à vendre le 12 juillet et 3 jours plus tard, il avait une offre d’achat! J’ai finalement passé 3 mois là-bas. Je l’ai aidé à paqueter ses boîtes et nous avons fait 4 jours de route en camion. Martin est revenu vivre à Salaberry de Valleyfield. Il s’est retrouvé un emploi. Il est infirmier en chef pour les soins auprès des personnes âgées. 

Valleyfield 

Je suis resté à Valleyfield avec la famille quelque temps. Nous avons organisé une petite fête pour l’anniversaire de ma mère. Elle prend de l’âge, maman, elle commence à être malade. Avec mon frère Joël, on l’a aidée à réparer ses escaliers et à effectuer d’autres petites rénovations. 

Au printemps dernier, il y a eu un feu chez elle. Ce serait une souris qui aurait mangé un fil électrique. Heureusement, mon beau-père a senti le feu et personne n’a été blessé. Ils ont dû aller vivre trois mois chez Joël, le temps que les assurances donnent une réponse et assument les rénovations. Ma mère, toujours positive, a dit qu’elle pouvait en profiter pour changer de décor!  

La pire épreuve pour un parent 

À la fin de l’été, je suis retourné voir mon fils Dominique. Il a passé des tests médicaux et le diagnostic est tombé le 17 septembre : sclérose en plaque atypique. La maladie est très avancée et elle progresse à une vitesse folle. C’est un choc. Jamais de ma vie je n’ai eu autant de peine. Savoir que ton enfant va mourir, c’est pire qu’un divorce ou que toute autre perte. C’est inimaginable! Depuis que j’ai appris la nouvelle, il manque une partie de mon cœur, de mon âme : il y a un grand trou en moi et rien ne pourra jamais le remplir. Mon grand Dominic souffre et je ne peux rien faire pour soulager sa douleur qui se terminera par la mort. Les docteurs lui ont accordé l’aide médicale à mourir, quand ce sera rendu insupportable… 

Puisque Dominique n’est plus autonome, il est allé vivre chez sa mère en début juillet. Je retourne le voir à la fin de l’automne. Il veut aller à l’Oratoire Saint-Joseph. On sait qu’il n’en a plus pour longtemps, que l’heure est proche. Je veux en profiter le plus possible d’ici là. 

Dominique a un grand cœur. Il s’inquiète toujours pour le monde. Il aimerait que le monde change, qu’on fasse plus attention à la planète pour les générations futures. Il a l’âme poète : il pense que la lune sert à éclairer les animaux nocturnes, mais que nous aussi les humains avons besoin de la lune pour nous donner de l’espoir. Il se compare aux grands glaciers. Il dit : « Je fonds comme les glaciers, et quand je vais mourir, il ne restera plus d’eau en moi. Je serai comme le Christ sauvé sur la croix. » 

écluses de Beauharnois
Sylvain Jodry et son fils Dominique aux écluses de Beauharnois.

Remerciements 

Pour m’appuyer au quotidien, surtout face à cette épreuve difficile, je tiens à remercier : Grégoire-Étienne (intervenant au Journal de rue), les clients du Journal de rue et les gens qui s’arrêtent pour discuter avec moi. Votre appréciation fait la différence dans ma vie. 

Dans mon dernier article, je vous confiais mon désir de trouver l’âme sœur, mais je n’ai pas le temps de sortir! J’ai été trop occupé avec mon travail, mon bénévolat et mon fils... J’espère encore trouver le bonheur avec une femme. Qu’on puisse s’apporter mutuellement le respect, se comprendre, partager du bon temps, partager l’amour. 

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