Au revoir, Greg!

1 février 2021 | Par Pierrette Denault | Voix libre, vol. 19, no 1

Après dix années de loyaux services, notre intervenant social quitte les rangs du Journal de rue de l’Estrie : de nouveaux défis l’appellent. Nous serons plusieurs à regretter Grégoire-Étienne Saint-Aubin, cet homme si attachant, d’une discrétion absolue et d’une écoute exemplaire. 

Témoignages 

Nul doute que Greg manquera cruellement à nos camelots tant il était l’homme de la situation. Pour sa part, Ghislain Gaudreault aimait le sens de l’humour de Greg. « Il me faisait souvent rire, il était à l’écoute et on pouvait parler de n’importe quoi avec lui, car jamais il nous jugeait. C’est un homme honnête et juste envers tout le monde. Je vais m’ennuyer de nos longues conversations et de sa gentillesse. »  

Greg manquera aussi à ses camarades de travail. « C'est grâce à mon ami Grégoire-Étienne que j'ai entendu parler d'un poste d'éditrice au Journal de rue. Poste que j'ai commencé à occuper en 2013 avant d'en devenir la directrice, précise Nancy Mongeau. Nous sommes devenus des collègues efficaces dont la complémentarité a été remarquable. Ce sont des sentiments mitigés que j'éprouve à l'annonce de son départ, ajoute cette dernière. D'une part, je ressens du chagrin de perdre la présence quotidienne de celui qui est devenu un grand ami et complice. Mais d'autre part, je suis tellement contente pour lui et fière qu'il réalise un rêve avec son nouvel emploi : celui de mettre à profit son expertise en toxicomanie et son incroyable aptitude à rassurer les gens, même ceux étant en crise. Ce qu'il fera à présent, c'est de sauver la vie de gens qui auraient probablement succombé à une surdose sans son intervention! » Et elle ajoute en riant que c’est une chance pour le Centre de prévention des surdoses qu’elle ait encouragé Greg à s'y impliquer!  

Quant à Karine Therrien, coordonnatrice au développement, elle affirme que connaître Grégoire-Étienne, c'est avoir la chance de côtoyer une personne dont l'écoute est exceptionnelle. Aux premiers abords, ce grand philosophe à l'air sérieux et concerné peut vous paraître intimidant, mais en creusant à peine, vous découvrez un être humble et altruiste dont le sens de l'humour surprend. « Greg, merci pour ta longue route au Journal. Que tes nouvelles aspirations t'enchantent et favorisent ton épanouissement dans toutes les sphères de ta vie! » 

Un nouveau défi 

En dix ans, Greg s’est impliqué dans plusieurs dossiers au Journal de rue. Il a d’abord été responsable du Café de rue, accueillant tant les habitués des lieux que les gens de passage. En sa qualité d’intervenant de milieu, il a prouvé au fil des ans qu’il avait toute l’expertise requise en gestion de crise. Il a ensuite pris une année sabbatique pour un retour aux études. Il est revenu en tant que responsable des ateliers d'art du Journal de rue, puis a réintégré son poste d'intervenant social où il s'est concentré sur la prise en charge des camelots suite à la fermeture du Café de rue. Il est devenu principalement responsable du recrutement, du suivi psychosocial et du référencement. On l’a souvent vu en représentation dans les milieux défavorisés et dans toute autre tâche en lien direct avec les camelots du Journal. 

Sa nouvelle tâche  

Le domaine de la toxicomanie est une véritable passion pour lui. Détenteur d’un certificat en toxicomanie, il était la personne toute désignée pour remplir le poste d’intervenant au Centre de prévention des surdoses, un projet pilote chapeauté par IRIS Estrie. Sa tâche consistera à surveiller les usagers de drogues injectables afin de s'assurer qu'une aide leur soit apportée en cas de surdose. Il a reçu sa formation pour l'administration de la naloxone (le médicament qui sauve la vie des gens en cas de surdose) au Journal de rue. 

En conclusion 

En tant que présidente du Journal de rue, j’ai croisé assidûment Greg. J’ai tout de suite été touchée par sa capacité d’écoute et son empathie. Je l’ai vu intervenir auprès des camelots, et ce qui en ressortait toujours, c’était sa rapidité de former une bulle étanche au moment de son intervention. Pour lui, rien ne comptait plus que cette personne en face de lui. Il se consacrait entièrement à l’instant présent : rien n’était plus important que la personne devant lui. D’autres auront cette chance… Tous nos vœux accompagnent Greg. Nous lui souhaitons de s’épanouir pleinement dans son nouveau milieu de travail. 

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