Le Vomitarium

1 juin 2022 | Par Bernard A. Couture | Camelots, Poésie, vol. 20, no 3

Le néant, cette masse informe et sans limites
Engendra le chaos primitif et sa descendance
Les enfants du néant veulent annihiler tous ceux qui leur résistent
Ils ont une gymnastique moraliste très complexe
Ils justifient la violence comme étant une force raisonnée
Ils méprisent l’honneur si elle n’est pas guerrière 

Le néant, cette masse informe et sans limites
Corrompt la paix par ses conquêtes de domination
Une boule stérile de haine qui dévaste tout sur son passage
Des paysages amputés de toute vigueur, hélas la vie s’est fossilisée
La guerre, cette vitrine exposant notre psychose collective
Quelle grossière idée de se livrer à la lutte armée 

Le néant, cette masse informe et sans limites
Tu fais de nous des orphelins de notre propre humanité
La guerre, cette suite d’oraisons funèbres, persévérance
Tristesse et de la désolation, cette institution du sacrifice humain, la guerre 

Le secret honteux de la guerre, c’est qu’elle ne meure pas, seulement les humains
Comment peut-on supplicier la guerre 

Le néant, cette masse informe et sans limites
Me fais pleurer d’incompréhension
La guerre démocratise la violence
Elle érige l’État prédateur en roi 

Je crains de rencontrer un prédateur
qu’il soit petit ou grand tyran
Là, maintenant, je suis impuissant
Devant tant d’incertitude 

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