Le Journal de rue… un sesquimestriel ?
Depuis avril 2013, le Journal de rue de l’Estrie parait tous les deux mois. Toutefois, à partir d’aujourd’hui, notre équipe accélère la cadence afin qu’un nouveau numéro du journal sorte chaque mois et demi. La nouvelle, vous vous en doutez, a été chaudement accueillie par les camelots, qui ont bon espoir d’augmenter légèrement leurs ventes.

En revanche, pour les passionnés de langue de l’équipe de rédaction, ce changement amène une question embarrassante : comment donc qualifier avec exactitude notre périodique, que nous disions jusqu’alors bimestriel ?
S’il n’existe aucun mot courant en français pour désigner un périodique paraissant tous les mois et demi, on relève quelquefois le terme sesquimestriel dans l’usage plus spécialisé.
Toutefois, nul besoin d’être linguiste pour deviner que ce mot, construit avec l’étonnant préfixe savant sesqui-, a peu de chance de s’implanter dans l’usage général.
Les plus terre à terre affirmeront avec raison qu’il n’y a pas lieu de s’enfarger dans les fleurs du tapis et qu’on pourrait se contenter de qualifier le Journal de rue de l’Estrie de périodique.
Néanmoins, il est aussi possible de couper la poire en deux, entre le camp des savants et des pragmatiques, en créant un néologisme moins grandiloquent que sesquimestriel, mais plus précis que périodique.
En effet, sachant qu’en français le mot trimestriel désigne une parution qui sort tous les trois mois, une forme coule de source lorsqu’on remarque que la moitié de cette période est justement un mois et demi : plutôt que de dire qu’un périodique est sesquimestriel, on pourra dire qu’il est bitrimestriel, le préfixe bi- servant dans ce contexte à exprimer l’idée de « deux fois par ».
Nous sommes donc fiers d’annoncer que le Journal de rue sera désormais… un bitrimestriel !
Gabriel Martin, linguiste, directeur adjoint du Journal de rue de l’Estrie


