Malika Bajjaje, la femme aux deux chapeaux
Malika Bajjaje est marocaine d’origine. En 1998, elle fait la rencontre d’un Québécois qui souhaitait travailler à Casablanca comme médecin vétérinaire. Le destin — une belle histoire d’amour — fait dériver leur trajectoire de vie. C’est plutôt elle qui vient se déposer au Québec, plus précisément à Stoke. Aujourd’hui, elle porte deux chapeaux : elle est directrice générale du Festival des traditions du monde de Sherbrooke (FTMS) et cofondatrice et directrice générale du Festival du cinéma du monde de Sherbrooke (FCMS). Où est Malika Bajjaje? Malika est partout! Entrevue virtuelle avec une femme inspirante et engagée.

Tout au long de votre parcours comme personne immigrante, qui sont les gens qui vous ont particulièrement aidée à relever des défis professionnels ?
Ce sont souvent des collègues, des professeurs ou des voisins qui, par un geste simple, facilitent l’intégration.
Parlez-nous d’une rencontre déterminante qui a mis en lumière votre intérêt pour la diversité.
Ce sont les rencontres dans des organismes et le fait de s’exposer à la diversité et à découvrir d’autres cultures. Passer de l’échange individuel à la dynamique d’un groupe permet de voir la diversité non plus comme une somme de différences, mais comme une force créative commune.
Diriez-vous que votre première implication comme bénévole au FTMS a contribué à votre intégration ?
Mon implication au FTMS a été déterminante. Cette implication m’a permis d’être en contact avec un groupe de bénévoles québécois.
Quel aspect de votre rôle comme directrice générale au FTMS vous plaît le plus et pourquoi ?
Le défi de garder l’âme des traditions — le côté « vrai » — tout en rendant le festival moderne et attrayant pour les jeunes générations. C’est le défi de la pertinence.
Le FTMS fête cette année ses 29 ans. Où l’imaginez-vous dans dix ans ?
Dans dix ans, le FTMS pourrait être le lieu où l’on teste de nouvelles manières de bâtir des ponts entre les générations de nouveaux arrivants et les locaux, faisant de Sherbrooke un modèle international d’intégration réussie.
La petite Casablancaise avait-elle déjà un intérêt pour le cinéma ? Comment cette passion s’est-elle développée ?
J’ai grandi bercée par l’âge d’or du cinéma égyptien. Ces films n’étaient pas que du divertissement : ils m’ont appris à lire les émotions humaines et m’ont donné le goût de comprendre les autres cultures. Cette fascination qui est née devant les classiques du Caire, je l’ai portée de l’Égypte à Sherbrooke et la porte toujours en moi. Mon implication dans les festivals est ma façon de partager cette lumière et de créer des ponts entre mon héritage et ma terre d’accueil.
Quel est, à votre avis, le plus grand impact du FCMS sur la communauté ?
L’impact social du FTMS et du FCMS est profond : ils ne sont pas que des divertissements, mais de véritables leviers de cohésion sociale.
Que pouvez-vous nous dire au sujet de la prochaine édition ?
Encore en 2026, le parc Quintal se transformera pendant cinq jours en village global. Avec plus de cinq cents artistes, des pavillons thématiques immersifs et une gastronomie aux mille saveurs, le festival célèbre la rencontre des cultures dans un esprit de partage et d’unité. C’est le rendez-vous incontournable pour vibrer au rythme du monde, ici même chez nous.
Finalement, quelles valeurs souhaitez-vous transmettre par le biais de votre implication dans la communauté sherbrookoise ?
L’ouverture et le dialogue en valoriser la curiosité mutuelle pour briser les préjugés et bâtir une cohésion sociale réelle. Et l’engagement citoyen en montrant que l’intégration passe par l’action concrète (bénévolat, implication communautaire) pour le bien commun.
Les propos tenus par les personnes n’engagent qu’elles-mêmes et n'engagent aucunement les organismes liés au projet.
De simples gestes
Voici quelques conseils dont nous pouvons nous inspirer pour accueillir les nouveaux arrivants avec qui nous sommes en contact dans notre quartier, sur notre lieu de travail ou à travers nos loisirs.
- Vous travaillez ou allez à l‘école avec un nouvel arrivant? Proposez-lui d’aller prendre un café et faites en sorte qu‘il se sente bienvenu. Engagez la conversation avec les nouveaux arrivants que vous rencontrez dans des espaces publics tels que les terrains de jeux, à l’école ou dans les centres communautaires.
- Expliquez comment fonctionnent les transports publics: où acheter des billets, les horaires, comment utiliser les différents moyens de transport, etc.
- Encouragez-les à faire du bénévolat pour qu’ils gagnent en expérience de travail et développent des contacts utiles.
Source: Le Réseau en immigration francophone de la Colombie-Britannique, Gestes pour accueillir un nouvel arrivant, disponible en suivant ce lien




