La mort et la recherche de sens
Quand il est question du décès d’une personne qui nous est chère, l’expression recherche de sens s’impose souvent. Ces mots ne résonnent pas de façon égale chez toutes et tous. Certaines personnes peuvent associer cette recherche de sens aux rituels qui viennent célébrer la vie des gens disparus. Pour d’autres, l’expression n’a juste aucun sens.

« Comment prétendre trouver un sens à ce qui n’en a pas ? », s’est exclamé un papa qui devait organiser les funérailles de son jeune fils décédé accidentellement. Comment le blâmer ? Et qu’est-ce qu’on peut ajouter ensuite ? Pour ma part, je n’ai pas trouvé de mots pour le contredire, d’une part, et puis je me suis bien gardé de lui dire « je te comprends ». Ces quelques mots (je te comprends) peuvent être incendiaires à l’oreille de celui qui souffre. Pourtant, l’intention était probablement de dire : « je vois ce que tu veux dire ».
Certains vont trouver du réconfort dans une forme de vie éternelle par l’entremise d’une croyance qui lui est propre. Il est rassurant de penser que la personne décédée n’est pas morte en vain. Qu’il y a quelque chose ensuite.
Pour d’autres, la mort est une finalité normale de tout cycle de vie. Faire vivre la personne dans les souvenirs qu’on en garde demeure un moyen de ne pas sentir qu’on l’abandonne complètement.
La vie si fragile
La chanson « Si fragile » de Luc Delarochellière est souvent utilisée, lors des funérailles, comme un rappel de cette fragilité. Un rappel que tout ne tient qu’à un fil, quand on y pense. Un rappel aussi de bien profiter de ce temps qui est nôtre sur terre.
À cet effet, il me vient en tête un monologue de Louis-José Houde dans lequel il disait souhaiter connaître la date de sa mort. Mais attention, juste la date. Pas l’année ! Vous voyez l’astuce ? Par exemple, je sais que ma mort surviendra un 22 avril. Alors, chaque année, le 22 avril, il est possible que je meure. Le matin du 23 avril, si je me réveille, c’est qu’il me reste au moins une autre année. Il est alors temps de décider ce que j’en fais !
Je trouvais la réflexion intéressante, même si impossible. Intéressante pour rappeler qu’il est bon, parfois de nous demander si notre façon de vivre notre vie est cohérente avec ce qu’on souhaite.
Et le sens, lui ?
La recherche de sens se situe, je crois, dans notre mise en action pour continuer notre vie sans l’être cher. L’idée n’est pas tant de chercher un sens à la mort de l’autre, mais plutôt de se doter de repères qui permettront de vivre avec l’absence de l’autre.
François Fouquet, directeur général de la Coopérative funéraire de l’Estrie


