Deuil : réalité commune, expériences différentes

2 octobre 2026 | Par Coopérative funéraire de l’Estrie | Hommes, Mort, Partenaires d'affaires, vol. 24, no 7

Tous s’entendent pour dire que le deuil suit des étapes similaires pour chacun. On apprend le décès d’un proche. Il y aura certainement du désarroi, de la colère, du déni et bien entendu de la tristesse. On s’attend à vivre des moments difficiles, à sentir le vide, les larmes monter régulièrement. Mais est-ce que c’est la même chose pour chacun?

Sakhy, camelot au Journal de rue. Source : © Jean-François Dupuis, 2022

Tous ne vivront pas le deuil de la même façon, et ce, au sein d’une même famille. Certains vivront les émotions dans leur plus stricte intimité alors que d’autres seront plus démonstratifs. Sans vouloir tomber dans des clichés sexistes, des différences notoires peuvent être observées entre les hommes et les femmes.

Les femmes, généralement, manifesteront le besoin de parler, de créer des moments pour se confier, de rassembler les souvenirs en photos, en objets, en anecdotes. Chez les hommes, on remarque une tendance à aller vers des situations réconfortantes pour traverser ce dur moment, plus souvent dans la solitude.

Si l’homme est sportif, il multipliera les occasions de pratiquer ce sport aimé. S’il est bricoleur, il visitera son atelier de façon insistante. Il voudra se retrouver là où se situent ses points de repère apaisants pour être dans le calme et aborder, à sa façon, la perte de l’être cher. Il ne manifestera pas nécessairement le besoin de parler, d’exprimer sa peine.

Ces différences de réactions peuvent susciter des questionnements, et même des malaises. La dame qui ressent le besoin de partager ses moments plus émotifs ne trouvera pas forcément une écoute auprès de monsieur, qui lui, aspire à plus de silence.

Ce dernier est-il complètement dans le déni ? Est-il incapable de faire face à la réalité du décès de son proche ? Pas nécessairement. Il aborde simplement les choses d’une autre façon. Si on le trouve trop silencieux ou absent, de son côté, il peut trouver les paroles insistantes, voire répétitives.

Vient donc la nécessité d’ouvrir le dialogue en nommant les besoins que nous avons face au deuil. « J’ai besoin de parler du décès de mon père avec toi. Est-ce qu’on peut se donner trente minutes de discussions ? »

En établissant les paramètres d’avance et en nommant les besoins émotifs, nous évitons les perceptions souvent erronées que nous avons de nos proches. Ils ne sont pas insensibles à ce que nous vivons. Ils ou elles ne savent tout simplement pas quels besoins doivent être comblés dans le moment présent.

En écoutant, en observant et surtout en discutant, nous trouvons ce juste milieu qui fait que tous pourront vivre leur deuil, cette réalité commune, mais par des expériences différentes.

Manon Thibodeau, Coopérative funéraire de l’Estrie

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