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Rencontre de notre camelot Lucie Roy

1 février 2019 | Par Jan-L. Munk | Camelots, Voix libre

Quand on entre chez Lucie Roy, ce n’est pas le piano, la guitare et les meubles qui forment le comité d’accueil, c’est la personne qui nous reçoit. Une fois dans la cuisine, l’ami qui m’accompagne, conseiller en relations publiques et en bonnes manières, me rappelle que nous sommes là pour l’entrevue. Chic type!

On s’installe dans la cuisine comme on l’aurait fait chez moi. Elle nous offre un jus, on accepte de l’eau. Parlant de bonnes manières, l’hôtesse nous rappelle qu’on peut accepter autre chose que de l’eau, elle s’est quand même donné la peine de se préparer pour nous recevoir. J’avoue m’être senti comme dans ma propre famille.

Lucie Roy
Lucie Roy, camelot au Journal de rue de l’Estrie.

Sa jeunesse

Bien qu’elle ait passé les premiers mois de sa vie à Bury, c’est vraiment à Sherbrooke qu’elle a vécu. À l’école, c’était le français qui l’intéressait le plus, mais ce sont les mathématiques qui ont été la butte d’achoppement vers la réussite pour accéder aux études post-secondaires.

Sauf pour quelques mésaventures d’intimidation au primaire, elle était bien entourée et appuyée. Tout compte fait, nous confie-t-elle philosophiquement, ce parcours l’a conduite à être sensible aux personnes non-privilégiées.

La passion d’une auteure

Fille d’un journaliste de renom, elle a hérité de son père l’amour des mots. Elle s’est inspirée d’un fait vécu pour écrire et publier un roman intitulé « Nuit sans lune » (je vous promets de l’avoir retourné à la bibliothèque municipale au moment où ces lignes sont publiées). Ces temps-ci, elle s’attelle à un deuxième roman, à la croisée du fantastique et du policier et elle se donne le défi de rendre le personnage principal plus proche, mieux incarné.

Pour Lucie, il y a assez (pour ne pas dire trop) de pression pour fournir, pour toujours produire davantage, et c’est ce qui amènerait les gens à porter sur leurs épaules des reproches indus et à nourrir des sentiments d’inaptitude. C’est ce qui l’amène à demeurer attentive aux causes sociales, autant pour elle-même que pour les autres: par exemple en ce qui a trait aux logements sociaux, à la situation des personnes à faible revenu, des étudiants, des personnes au chômage et des familles monoparentales.

Pour elle, toute personne a une valeur, peut contribuer à la société; chacune à sa façon, sans se comparer l’une à l’autre pour se mesurer. Ce n’est pas comme si quelqu’un valait plus que l’autre, sa propre valeur humaine se reconnaît dans la mesure où l’on reconnaît celle des autres.

Même si son travail de camelot n’est pas toujours facile, elle le classe parmi ses autres réussites. Elle n’est pas là pour faire une carrière en vente, loin de là; mais le fait de saluer les gens avec le cœur lui apporte beaucoup de joie. Prendre le temps de sourire aux gens lui permet d’avoir un contact humain en récoltant ces « bonjour » et ces « bonsoir ». Elle a appris à accueillir les autres avec leurs limites, elle sait surtout s’accueillir elle-même avec ses propres limites et se respecter avec son rythme.

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