Slamer au Tremplin 16-30

1 juin 2020 | Par Loïc Brurat | Culture, vol. 18, no 3

Le slam est une poésie orale exprimée en forme libre de trois minutes, maximum, sans accessoire. Originaire des États-Unis autour des années 1985, initié par le poète Marc Kelly Smith, ce mouvement cherche à rendre la poésie accessible à tous plutôt que de la réserver exclusivement aux plaisirs de l’intelligentsia.

La première prestation du National Poetry Slam se fait à San Francisco en 1990. Des poètes de ce courant font voyager cette nouvelle forme de poésie à Berlin en 1993 où Wolf Hogekamp devient le premier slameur officiel allemand. Le premier Slam National d’Allemagne se fait en 1997. La France connaît tardivement le slam avec pour figure Grand Corps Malade (2006). La Ligue Slam de France n’est créée officiellement qu’en 2011, soit cinq ans après la première Coupe du monde de slam de poésie (2006).

Un peu de contexte québécois      

Au début des années 2000, certains affirment qu’il n’y a pas au Québec, ou très peu, d’opportunités pour mettre en place des soirées de performances littéraires. En 2007, Ivan Bielinsky (Ivy), poète québécois initié au slam à Ottawa, fonde la Ligue Québécoise de Slam (LIQS). Dans la vague de Grand Corps Malade, il publie l’enregistrement de poésies SLAMÉRICA en 2008.

La première équipe francophone de slam québécois,  Slamontréal, est fondée en 2006 par Ivy, suivi par d’autres villes; Québec avec SlamCap (2006), Gatineau avec SlamOutaouais (2007), Trois-Rivières avec Slam Mauricie (2008) et plusieurs autres. Par souci d’inclusivité, lesdites performances attirent aussi musiciens, amateurs d’improvisation, poètes et acteurs à se joindre dans une sorte de grande famille multidisciplinaire. Le premier québécois qui remporte la Coupe du monde de slam de poésie est David Goudreault (2011), suivi de Simon Landry (2013) et d’Amélie Prévost (2016).

Un peu de contexte sherbrookois  

Le Tremplin 16-30 fait partie des premières salles événementielles de performances littéraires francophones du Québec. Selon Charles Fournier, responsable de la programmation socioculturelle au Tremplin, les soirées de slam sont apparues à Sherbrooke en 2007, avec le soutien à la programmation de Francis Poulin (Frank Poule) et d’Ivy. « Avec les soirées de slam, on veut que le citoyen ait accès à l’art et on désire former une relève », mentionne-t-il. Les membres du jury pour évaluer les performances littéraires proviennent du public. Lesdites soirées se déroulent dans un esprit de compétition amicale. La salle du Tremplin accueille depuis ce temps-là plusieurs poètes, artistes et musiciens : certains déjà connus, d’autres émergents (Kyra Shaughnessy, Geneviève Kiliko, Rachel McCrum, Rassa Faray, Alexandre Cormier et plusieurs autres). Le slam ne fait que grandir à Sherbrooke, qui sort d’ailleurs gagnante de la Ligue Québécoise de Slam de 2019.

Un peu d’actualité

De 2017 à 2019, le Slam du Tremplin collabore avec le projet de Persévérance scolaire et Réussite éducative de l’Estrie (PRÉE). L’objectif dudit programme est d’encourager les jeunes à poursuivre leur cheminement scolaire par l’entremise du slam (une poésie engagée). Cela prend la forme d’un concours tels que Slam ta motivation et d’une présentation en direct à l’émission Écoutez l’Estrie (101.1 FM).

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