Les allergies et la pauvreté

1 octobre 2020 | Par Louise Gauthier | Camelots, Voix libre, vol. 18, no 5

Il y a environ une douzaine d’années après les embûches que j’avais connues, le destin a fait que je rencontre l’homme de ma vie et j’en suis très heureuse. Mais cela est venu avec certains petits inconvénients, comme des problèmes de santé avec lesquels je devais m’habituer.

Quand j’ai commencé à fréquenter mon conjoint, j’ai appris qu’il était atteint d’épilepsie depuis son jeune âge (aujourd’hui toujours bien contrôlé) en plus de souffrir du diabète de type 2. On ne le soupçonnait pas encore car il s’est fait diagnostiquer en 2010. Alors il a fallu changer un peu nos habitudes de vie, car le diabète est à prendre au sérieux. Ensuite, comme si ce n’était pas assez, voilà que sont apparues les fameuses allergies alimentaires dont celles aux produits laitiers ; à ne pas confondre avec le lactose, car ce n’est pas le lactose mais bien la protéine du lait. Mais maintenant, il y a tellement de solutions de rechange aux produits laitiers telles que la noix de coco, le lait d’amande ou de riz. Peu importe, avec le temps on s’est habitués. C’est même très bon.

Deux ans plus tard, voilà que surgit une autre allergie alimentaire, mais pire encore que les produits laitiers : c’est le soya.  Cette légumineuse affecte son œsophage, qui rétrécit quand il en mange. Dans tout ce qu’on achète en épicerie, il y a des aliments à base de soya... Souvent, on voit lécithine de soya, protéine de soya, pour n’en nommer que quelques-uns, mais des substituts de soya, il n’y en a pas.

Alors, comment on fait pour se nourrir convenablement quand les restrictions alimentaires ne permettent pas de trouver ce dont on a besoin auprès des organismes d’aide alimentaire comme La Chaudronnée et Moisson Estrie ? Là est la question ! Ce n’est pas du tout évident. On peut aller dans les magasins spécialisés comme à la Coop Alentour ou Avril, mais les produits qu’on y retrouve sont très dispendieux.

Louise Gauthier + allergie + pauvreté
Heureusement Louise peut compter sur le revenu d’appoint que lui procure la vente du Journal de rue pour se procurer des aliments convenant à la diète sévère de son conjoint qui est lui aussi camelot au Journal de rue quand son état de santé lui permet de faire quelques heures de travail.

Même si j’ai plus de temps maintenant pour cuisiner à la maison dû à la Covid 19, il faut que j’aie l’argent pour acheter tout ce dont j’ai besoin et, sur l’aide sociale, on n’arrive pas avec le montant qu’on reçoit. Naturellement, c’est pareil pour bien du monde comme nous dans notre situation.

Dernièrement, mon mari est allé passer deux jours à l’hôpital. Ils n’avaient rien pour le nourrir, seulement du « Jell-O » et de la compote de pommes – disons que ce n’est pas très nourrissant quand il faut que tu reprennes des forces.

Par chance, moi je n’ai pas d’allergies alimentaires, seulement saisonnières, sinon ce serait l’enfer sur terre. Par-dessus tout, on ne vit pas : on essaie tout simplement de survivre.

Partagez
[TheChamp-Sharing]