L’âgisme en temps de pandémie

1 avril 2021 | Par Marie-Eve Nadeau | Aînés, Communautaire, Page d'or, vol. 19, no 2

L’âgisme, un des sept types de maltraitance envers les personnes aînées selon la terminologie reconnue au Québec, se définit comme étant la discrimination en raison de l’âge et se traduit par des attitudes hostiles ou négatives, des gestes préjudiciables et de l’exclusion sociale envers les personnes aînées. La pandémie et la crise actuelle causée par le virus de la COVID-19 mettent en lumière l’ampleur de cette problématique au sein de notre société. L’actualité regorge de témoignages à l’effet que les mesures bienveillantes visant à freiner la propagation du virus ont parfois constitué malgré tout une forme de privation de droits chez les personnes âgées de 65 ans et plus.

La grande majorité des personnes âgées de 65 ans et plus décrivent leur santé comme étant bonne, très bonne ou excellente. La plupart des personnes de cet âge ne requièrent aucune aide extérieure. Elles sont autonomes et indépendantes, parfois très actives et font du sport. Certaines travaillent encore ou font du bénévolat alors que d’autres s’occupent de leur famille, s’impliquent dans leur communauté, leur municipalité, rendent service à leurs parents ou sont des proches aidants pour des personnes plus âgées. Plusieurs conduisent leur voiture chaque jour, cuisinent, jardinent, font des achats en ligne, voyagent (quand c’est permis) et visitent leurs proches.

Bref, la majorité des personnes de 65 ans et plus sont socialement actives et autonomes. Nous sommes loin de l’image de la personne vulnérable à protéger qui est largement véhiculée dans la société lorsqu’il est question de mesures sanitaires, de confinement et de prévention de la propagation.

Découlant de cette crise sociale et sanitaire, certains ont proposé une commission d’enquête pour examiner les failles du système et dessiner un plan d’action pour réformer les soins de longue durée tant à domicile qu’en établissement. Espérons qu’un mécanisme de consultation publique pourra permettre à toute personne intéressée de s’exprimer pour une société plus juste et bientraitante; une société qui certes, avance en âge et en sagesse, mais qui est composée de personnes qui ont la capacité de réfléchir et de décider des moyens d’agir dans leur intérêt, des personnes qui, peu importe leur âge, possèdent toutes les mêmes droits, les mêmes responsabilités et les mêmes obligations.

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