L’arc-en-ciel, ce n’est pas juste pour la pandémie : La réalité d’un jeune trans

1 août 2022 | Par Ghost | Communautaire, LGBTQ+, vol. 20, no 4

Depuis trois ans, plusieurs élèves, moi y compris, travaillent dans l’ombre pour faire de notre école un endroit plus sécuritaire pour les minorités de genres, d’orientations romantiques ou sexuelles. Cependant, le manque de représentation et d’éducation est le nœud du problème. Il affecte plus de gens que vous ne pouvez le voir.

C’est pourquoi les élèves qui s’impliquent dans le projet ont participé à la recherche d’organismes et à la mise en place d’évènements pour faire de la sensibilisation dans l’école. Ainsi, il y a eu des rencontres avec des membres de Divers-Gens afin qu’iels animent des groupes de discussions ainsi que la distribution de bracelets dans le but de faire de la sensibilisation lors de la semaine du 17 mai (Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie).

Il y a deux ans, un élève de l’option journalisme a interviewé des jeunes de notre école faisant partie des minorités de genres, d’orientations romantiques ou sexuelles. La majorité d’entre iels ont dit ne pas se sentir en sécurité dans l’école. Pour plusieurs, c’était toujours le cas cette année. Pourtant, lorsque la situation et la demande d’un safe-space ont été adressées à la direction, puis aux professeurs vers lesquels nous avons été redirigés, on nous a répondu : « [...] mais l’école est un safe-space. »

Pour que les élèves soient tentés d’acquiescer, il y a beaucoup de travail à faire, car nos cours d’éducation à la sexualité, lorsque nous en avons, ne prennent pas en compte les réalités LGBTQ+ et n'appliquent pas une approche anti-oppressive. Il n’est pas rare non plus d’entendre les élèves utiliser gai ou d’autres variantes du même mot comme insulte. D'ailleurs, l’inaction du personnel enseignant et professionnel face à cette situation est inquiétante.

Il ne devrait pas incomber aux élèves de militer pour leurs droits et pour leur sécurité dans un endroit où iels passent la majorité de leur temps. Pourtant, cette année encore, ce sont les jeunes qui ont fait les premiers pas et les demandes pour obtenir le soutien dont nous avions besoin. Malgré cela, même à la fin de l’année, j’entendais des insultes et des « blagues » homophobes et transphobes en marchant dans les couloirs.

Je côtoie des écoles de personnes trans et LGBTQ. En les observant, j’espère qu’elles prendront toutes l’exemple sur celles qui bénéficient d’un comité de soutien et un safe-space. Je souhaite que les jeunes n’aient plus à se battre pour se faire entendre et que nos réalités soient prises en compte.

Ghost pour Divers-Gens

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