Alliés contre la maltraitance

1 décembre 2022 | Par Journal de rue de l'Estrie | Aînés, Communautaire, Page d'or, vol. 20, no 6

La plus récente enquête du Québec portant sur la maltraitance vécue par les aînés à domicile en 2019 témoigne que près de 6 % des aînés ont été touchés par la maltraitance au cours de l’an dernier.  En effet, les deux formes de maltraitance les plus vécues sont de type financier (fraude, extorsion, vol) et psychologique (dénigrement, harcèlement, insultes).

Cet état de fait nous amène à vouloir mettre en lumière un nouveau processus d’intervention permettant de mieux protéger les personnes majeures et les aînés en situation de vulnérabilité au Québec. Il s’agit du processus d’intervention concerté, encore relativement peu connu. Ce projet est né d’une initiative des services policiers et du Directeur des poursuites criminelles et pénales de la région de la Mauricie et du Centre-du-Québec en 2016, soucieux d’être de plus en plus confrontés à la problématique de la maltraitance financière.

personne âgée
Les deux formes de maltraitance les plus vécues sont celles de type financier et psychologique.

La force d’intervention
Le processus d’intervention concerté est un mécanisme pouvant impliquer des policiers ainsi que divers types d’intervenants, dont ceux du curateur public, de la commission des droits de la personne et de la jeunesse, de l’intervention sociale du CIUSSS et de l’autorité des marchés financiers via une plateforme web. Avec le consentement de l’usager, cette démarche vise d’abord la concertation entre les différents acteurs pour faire cesser une situation d’abus ou de maltraitance. Toutefois, lorsqu’il y a des motifs raisonnables de croire que l’intégrité ou la sécurité de la personne est menacée, il est possible d’intervenir malgré l’absence du consentement de la personne.

Tout cela est rendu possible grâce à une entente-cadre signée par le Secrétariat aux aînés avec le ministère de la Sécurité publique, le ministère de la Justice, le ministère de la Santé et des Services sociaux, le Curateur public et l’Autorité des marchés financiers. Un nouveau plan d’action pour lutter contre la maltraitance 2022-2027 devra aussi être mis en place dans notre région avec tous les acteurs concernés afin que les situations de maltraitance ne soient plus tolérées dans notre région.

Par Audrey Goyette, coordonnatrice régionale spécialisée en matière de lutte à la maltraitance pour la région de l’Estrie, au nom de la Concertation estrienne contre la maltraitance des personnes aînées

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