La contraception, parlons-en !

20 avril 2024 | Par Collectif pour le libre choix | Communautaire, vol. 22, no 2

De tous les temps, la crainte de donner naissance à un enfant non désiré est réelle et fondée. Au risque de mettre leur santé sexuelle et reproductive en danger, les femmes utilisaient toutes sortes de moyens, inefficaces et même dangereux pour prévenir les grossesses.

Vers l’an 3000 avant Jésus-Christ, les Égyptiennes utilisaient un mélange de miel et d'excréments de crocodile en tant que spermicides. La mixture devait être insérée dans le vagin avant chaque rapport sexuel.

Entre 800 et 600 avant Jésus-Christ, les femmes buvaient de l'eau dans laquelle on avait fait couler du fer ou encore du mercure. Une croyance dangereuse, car le mélange en plus d'être inefficace était très toxique.

Au 19e siècle, certaines européennes inséraient un dé à coudre à l'intérieur de leur vagin, pour créer une barrière au spermatozoïde. Douloureux et inefficace.

Entre 1530 et 1760, au Canada, on vantait les mérites des testicules de castor fermentés dans un mystérieux alcool. Cela n'a jamais fonctionné, pas plus que les breuvages de jus d’oignon.

En 1960, des femmes aux États-Unis se sont donné des douches vaginales au Coca-Cola® après le rapport sexuel pour nettoyer le sperme.

Aujourd’hui, plusieurs produits contraceptifs, approuvés par Santé Canada sont offerts, avec ou sans hormone, pour toute personne, selon ce qui lui convient. La pilule contraceptive est la méthode hormonale la plus connue, alors que le condom masculin est le contraceptif barrière le plus utilisé. Mais est-ce accessible financièrement pour tout le monde ? Qu’en est-il des jeunes qui sont couverts par l’assurance de leurs parents et qui veulent se procurer une contraception sans leur en parler ? Et si la contraception était un droit plutôt qu’une chance ?

En avril 2023, la Colombie-Britannique a rendu la contraception sous ordonnance gratuite. En Ontario, certaines personnes de moins de 24 ans peuvent bénéficier de la gratuité selon un programme. En décembre 2023, la ministre responsable de la Condition féminine, Martine Biron a déclaré évaluer la possibilité de rendre les moyens de contraception gratuits au Québec, mais rien ne bouge encore.

La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada demande depuis longtemps aux gouvernements d’œuvrer en faveur d’un accès universel et sans obstacle à la contraception afin d’aider les Canadiens et Canadiennes à atteindre leurs objectifs en matière de santé sexuelle, à éviter les grossesses non désirées et à échapper à la pauvreté.

En évaluant l’enjeu psychologique d’une grossesse imprévue plus le coût des avortements, en offrant la contraception gratuite, incluant le condom, le Québec serait capable de prouver un investissement financier important à court terme.

Une vie sexuelle et épanouie doit se vivre sans contrainte psychologique et sans risque pour la santé. Offrons la contraception gratuite pour tous.

Johanne Bilodeau, au nom du Collectif pour le libre choix

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